Le compost d'automne diffère du compost d'été sur un point essentiel : il est très majoritairement carboné. Les feuilles et les tiges lignifiées sont sèches et pauvres en azote ; un tas constitué de cela seul ne se décompose pratiquement pas et reste des années presque inchangé.
Brun et vert — le rapport dont tout dépend
Le compost a besoin de deux choses : du carbone et de l'azote. La matière brune (feuilles, paille, brindilles, carton) apporte le carbone. La matière verte (tonte, épluchures, fanes fraîches) apporte l'azote et l'humidité.
Le rapport qui fonctionne est d'environ 2 à 3 parts de brun pour 1 part de vert, en volume. À l'automne, le problème est toujours le même : beaucoup trop de brun et bien trop peu de vert. La solution : ne pas verser les feuilles ramassées d'un seul coup, mais les alterner avec la tonte de la dernière coupe, les déchets de cuisine ou les épluchures.
Ce qui n'a rien à faire sur le tas
- Le feuillage atteint de maladie — surtout tomates, concombres et pommes de terre. Dans un tas de jardin ordinaire, qui n'atteint jamais une température suffisante, les spores hivernent sans difficulté.
- Les adventices montées à graine — les graines survivent et, au printemps, vous les répandez dans tout le jardin avec le compost fini.
- Les vivaces à rhizomes — chiendent, liseron, égopode. Un fragment de rhizome suffit à transformer le tas en pépinière.
- Les feuilles de noyer en quantité — elles contiennent de la juglone, qui inhibe la germination. En faible proportion elles se diluent, en grande non.
- Viande, os, graisses, produits laitiers — ils attirent les rongeurs et sentent mauvais.
- Les cendres de charbon et de briquettes — elles contiennent des métaux lourds. La cendre de bois en petite quantité pose moins de problème, mais elle fait monter le pH.
Comment monter le tas
- Gardez une base grossière — tout en bas, des brindilles broyées ou des tiges grossières. Le vide ainsi créé assure l'aération par le dessous.
- Alternez les couches, ne déversez pas tout d'un coup — 10 à 15 cm de brun pour environ 5 cm de vert.
- Broyez les feuilles au préalable — le plus simple est de passer la tondeuse dessus. Les feuilles entières se collent en couches asphyxiantes ; broyées, elles se décomposent plusieurs fois plus vite.
- Humidifiez légèrement chaque couche — le compost doit être humide comme une éponge essorée, jamais détrempé.
- Ajoutez une poignée de terre ou de vieux compost — cet ensemencement en micro-organismes lance la décomposition.
Le terreau de feuilles — pourquoi composter les feuilles à part
Les feuilles ne sont pas décomposées par des bactéries comme le reste du compost, mais par des champignons, et cela prend plus longtemps — un à deux ans. Si vous avez beaucoup de feuilles, mieux vaut les mettre en sacs ou dans un cylindre grillagé et les laisser de côté. Le terreau de feuilles obtenu n'est pas un engrais (il est pauvre en éléments nutritifs), mais c'est l'un des meilleurs amendements qui soient : il retient l'eau et améliore la structure.
Le compost pendant l'hiver
Sous le gel, la décomposition s'arrête pratiquement — ce n'est pas grave, elle repart seule au printemps. Ce qui aide : couvrir le tas pour l'hiver (voile, vieille bâche, couche de paille) pour que la pluie ne le lessive pas et que la neige ne le transforme pas en bloc de glace. Un tas couvert garde sa chaleur plus longtemps et redémarre plusieurs semaines plus tôt au printemps.
Retourner le compost en hiver ne sert à rien. Laissez-le tranquille et revenez-y au redoux.
Questions fréquentes
Puis-je mettre des feuilles de noyer au compost ?
En petite quantité oui, en grande non. Les feuilles de noyer contiennent de la juglone, une substance qui inhibe la germination et la croissance des autres plantes. En faible proportion du tas, elles se décomposent et se diluent sans conséquence. Si le compost devait être majoritairement composé de noyer, compostez-le à part et laissez-le mûrir une année de plus.
Pourquoi mon compost ne se décompose-t-il pas ?
Le plus souvent le tas est trop sec, ou entièrement composé de matière brune. Un tas d'automne fait de feuilles pures ne bouge pratiquement pas. Arrosez-le à cœur et intercalez de la matière azotée — tonte, déchets de cuisine ou un peu de fumier.
Puis-je composter des fanes de tomates malades ?
Non. Le mildiou et d'autres maladies fongiques survivent dans un tas de jardin ordinaire qui ne dépasse jamais 60 °C, et reviennent l'année suivante sur vos planches avec le compost fini. Mettez le feuillage atteint aux ordures ménagères.